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Affichage des articles du 2021

Une pierre sculptée qui intrigue (Escorailles)

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En parcourant un ancien numéro de la Revue de la Haute-Auvergne (T73, 2011), je suis tombée sur un court article de Jean Le Guillou (1930-2011), vice-président de la Société « La Haute-Auvergne » de 1978 à 2010 intitulé L'énigmatique entaille de l'église d'Escorailles . Eglise St-Jean-Baptiste (Escorailles, Cantal) Cet article évoquait la découverte fortuite par l'auteur d'une pierre gravée visible au ras du sol dans le mur sud de l'église de cette commune ce qui n'a pas manqué d'attiser ma curiosité. Je suis donc partie en repérage, appareil photo en main. Sur place, en raison de la proximité immédiate des vestiges du château des Scorailles, on imagine aisément que l'église actuelle fut bâtie à l'emplacement de l'ancienne chapelle castrale dont certains éléments ont certainement été réemployés. Il n'y a qu'un moyen de faire (presque) le tour de l'église Saint-Jean Baptiste d'Escorailles, il faut pousser le petit portillo...

L'origine cantalienne de la marque SEB

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Quel lien entre ce sigle, SEB, mondialement connu, et la commune de Brageac ? La réponse est Antoine bien sûr ! Antoine Lescure né le 18 novembre 1807 à Brageac (Cantal) au foyer d’Antoine Lescure père, chaudronnier ambulant, et de Marie Bresson, alors âgée de 39 ans. Comme ses aïeux, Antoine exerce le métier de chaudronnier-rétameur ambulant, il sillonne la France et, en particulier, la Bourgogne. Le 4 février 1840, il épouse Elisabeth Bachet (1815-1890) à Selongey (Côtes-d’Or), c’est d’ailleurs là qu’il s’installe en 1857 et qu’il créé un atelier de ferblanterie spécialisé dans la fabrication de seaux en étain et d’arrosoirs avant de proposer des ustensiles de cuisine et de salles de bain, tels que des lavabos et des baignoires en zinc. Pour mémoire, les rétameurs et chaudronniers ambulants auvergnats étaient des personnages pittoresques, déballant leur marchandise - clinquantes bassines ou sonores marmites - allumant des feux de bûches sur la place des villages pour rendre fluides...

Cantal et Salers, sens multiples et quelques ambiguïtés

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A ma connaissance, le Cantal est le seul mot de la langue française à renvoyer à la fois à un département et au fromage qui y est produit (fromage également produit dans d'autres départements limitrophes). Pour l'anecdote, Cantal fut aussi le nom d' un des chevaux de Napoléon ! 😏 La Savoie et la Haute-Savoie produisent également un fromage mais on parle alors de tomme de Savoie. Quant au mot Salers, il évoque à la fois une cité médiévale , une race de vache , un type de fromage et une liqueur aux liens évidents avec le département du Cantal et ses voisins. Le Cantal, un  département Depuis la départementalisation instituée par la Révolution Française dans son oeuvre d'éradication des toponymes de l'Ancien Régime, la Haute-Auvergne est devenue un département. En revanche, l'origine du mot Cantal est plus incertaine. Selon le linguiste Albert Dauzat (1877-1955), le suffixe prélatin allu de  l'ancienne forme cantallu   indique une origine prélatine do...

Lacarriere-Latour Arsène (1778-1837), aurillacois urbaniste de Bâton-Rouge

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Géraud, Calixte, Jean-Baptiste, Arsène Lacarrière-Latour est né le 13 octobre 1778 au 14 rue de la Bride à Aurillac (Cantal). Des problèmes de santé, intestinaux, le poursuivront toute sa vie. Le VI pluviôse An VI (25 janvier 1798), il épouse, à Ayrens, Marie-Anne Caroline de Montal. Il semble que c'est à partir de son araige qu'il prend le nom d'Arsène Lacarrière-Latour. De ce mariage naissent deux enfants, Emile en 1799 et Coraline en 1800. Le jeune père de famille se retrouve seul, à Paris, vers 1802, où il suit les cours des Beaux-Arts, ses conditions de vie sont précaires au point qu'il a du mal à payer le loyer de la modeste chambre qu'il occupe rue Mazarine. S'il correspond régulièrement avec sa famille, en particulier avec son père, les liens avec son épouse restée dans le Cantal avec leurs deux enfants sont réduits au strict minimum.  Portrait d'Arsène Lacarrière-Latour De son enfance, Lacarrière-Latour a conservé des souvenirs très forts, en partic...

Le fonds Parry (Musées d'Aurillac)

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Le 19 août 1839, en séance officielle à l'Institut de France, Louis Jacques Mandé Daguerre présenta le premier procédé photographique, le daguerréotype. Cette date est entrée dans l’histoire comme celle de naissance de la photographie même si le précurseur fut Nicéphore Niepce qui, dès 1824, obtenait les premières images après un temps de pose de plusieurs jours. Hélas, Niepce, avec lequel Daguerre s’est associé en 1829, décède en 1833. Le studio du photographe Le poids du matériel, les contraintes techniques et financières ont longtemps freiné la démocratisation de la photographie. On allait donc chez le photographe pour immortaliser les instants clé de la vie, y compris la mort, au moins jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. Nicephore Niepce Les premières photographies de studio ont vu le jour dès le milieu du XIXème siècle. Pour créer des portraits photographiques, les techniques d’éclairage utilisées étaient celles des peintres, c’est la raison pou...

Notre-Dame de l'Assomption, église romane en péril (Jou-sous-Monjou)

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Les petites routes du Cantal réservent bien souvent des surprises. C’est le cas de la route qui relie Raulhac à Vic-sur-Cère, en passant par Jou-sous-Monjou, 102 habitants en 2017 (519 en 1846) et là, il n‘y a pas d’autre solution que de garer la voiture sur le petit parking qui la jouxte. Qui jouxte qui, qui jouxte quoi ? L’église Notre-Dame de l’Assomption de Jou-sous-Monjou bien sûr, ainsi nommée depuis 1317. Son chevet en bord de route pourrait laisser penser qu’elle boude en tournant ainsi le dos au passant. D’hier à aujourd’hui : D’ordinaire plus bavard, Jean-Baptiste De Ribier du Châtelet , dans son Dictionnaire Statistique du Cantal, affirme juste qu’ « il y avait, en 1540, une communauté de prêtres. C'était un prieuré peu considérable, annexé à celui de St-Julien-du-Pont, près de Florac (Lozère); il était à la collation de l'évêque de St-Flour ». Probablement construite par les vicomtes de Carlat, elle est officiellement datée du début du XIIe siècle mais certains...

Des monuments aux morts inscrits aux Monuments Historiques

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  Dans le Cantal, comme un peu partout en France, la construction des monuments aux morts s'est intensifiée à partir de 1919, grâce à la loi du 25 octobre relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la grande guerre qui, dans son titre 5, précise : « Des subventions seront accordées par l’État aux communes, en proportion de l’effort et des sacrifices qu’elles feront en vue de glorifier les héros morts pour la patrie ». En 2019, à l'occasion du centenaire de l'Armistice mettant fin à la « Grande Guerre », une véritable travail de fourmi a été effectué visant à recenser, répertorier et enfin protéger les monuments aux morts, protection dont ont bénéficié 7 monuments aux morts du Cantal. Choix a été fait par les instances culturelles de catégoriser les monuments, choix que nous reprenons à notre compte ci-dessous : les « architecturés », les allégories (aucun monument n'est concerné dans le Cantal), le solda...

Maisons rurales cantaliennes

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Grâce aux actes notariés en notre possession, nous savons qu’au XVe siècle, l’habitat était dispersé, proche d’une source ou d’un point d’eau. Au commencement était le boriage , domaine comprenant l’exploitation, c’est–à-dire les terres (pâturages, prés ou bois selon le cas), la maison du cultivateur et ses dépendances. Les boriages étaient reliés entre eux par tout un réseau de petits chemins. Puis au fil du temps, en fonction de l’agrandissement des familles et des mariages, le boriage a parfois évolué vers le mas , ancêtre du hameau , le lieu-dit d’aujourd’hui. Le bâti Les maisons, différentes par leurs formes, leurs dimensions, leurs tailles ou encore le nombre d’ouvertures, avaient ceci en commun, d’être toutes construites à partir des matériaux disponibles sur place. Le granite en Margeride, le schiste en Châtaigneraie ou encore le basalte en Planèze. Les murs étaient très épais, le linteau en pierre massive quand elle était disponible, en bois dans le cas contraire. La toiture ...

Fontanges, ou la fontaine des anges !

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Fontanges ! Le nom sonne si joliment à l'oreille qu'on a envie de croire à cette fontaine des anges qui figure sur le blason des Fontanges sur le linteau* d'une maison particulière à Paulhenc, propriété d'Annet de Fontanges (1510-1581), protonotaire apostolique (NDLR : officier du Saint-Siège) et prieur de Paulhenc : "De chaque côté de l'écu de Fontanges, deux anges se présentent de profil, toutes ailes déployées. Ils tiennent d'une main une corne renversée, dont l'eau s'écoule et, de l'autre, un vase effilé qui la reçoit : Fontanges" Fontanges évoque également le duchesse du même nom,  dernière maîtresse , à la courte vie, du roi Louis XIV, qui grandit au château de Cropières à Raulhac où une branche des Fontanges s'était installée. Pour les amateurs de musique le nom de Fontanges évoque également la ville natale d' Anthoine de Bertrand (1510-1581) compositeur de musique spirituelle et profane, actif dans les cercles humanistes ...