Arsène Saupiquet, de Jussac (Cantal) à Nantes (Loire-Atlantique)

Arsène Saupiquet naît le 25 février 1849 à Jussac (Cantal), dans une famille de négociants dûment enregistrés ; son père, Jean Saupiquet (1811-1859 ?), lui-même marchand de Marmanhac, fut régulièrement titulaire d’un passeport pour Nantes.

 
En effet, l’article I titre III du décret du 26 février 1793 stipule que « Nul ne peut en France quitter le territoire de son canton ou voyager sans être porteur d’un passeport que tout agent de la force publique a le droit de se faire présenter », cette obligation fut en vigueur durant la première moitié du XIXe siècle avant de peu à peu tomber en désuétude

Il n’a que 10 ans lorsque le décès de son père l’oblige, en sa qualité d’aîné, à subvenir aux besoins de sa famille, c’est à ce moment-là qu'il entre dans la vie active au sein des établissements Riom, ferblantiers, originaires du Cantal, installés à Nantes depuis la fin du XVIIIe et c’est là qu’il va acquérir tout son savoir-faire professionnel.

En 1868, profitant de l’essor de la Bretagne, les établissements Riom ouvrent une nouvelle usine à Nantes dont la direction est rapidement confiée au jeune Arsène Saupiquet remarqué pour la qualité de son travail.

C'est à Nantes qu'Arsène Saupiquet épouse, en 1876, Berthe Athénaïse Muneret.

Dès 1877, Arsène se lance dans un projet fou, il s’agit de regrouper plusieurs petites conserveries de la région nantaise. Il crée sa propre conserverie spécialisée dans la sardine, puis, il lève des fonds pour développer son activité et, en 1891, il fonde la société anonyme des Etablissements Arsène Saupiquet.

Il dépose ensuite une série de brevets sur la propriété industrielle, consultables en ligne (documents 8, 9, 10 et 11):

  • en 1902 celui d’un « système pour l'ouverture des boites de conserves et en particulier des boites de sardines »
  • en 1903, celui d’un » système de clé pour l'ouverture de tous récipients à conserves : boites, flacons, etc ».
  • en 1904, celui d’un « procédé de soudage des boîtes métalliques »,
  • en 1910, celui d’un perfectionnement aux boîtes de conserves, plus spécialement les boîtes dont l’ouverture se fait latéralement ».

En effet, il est l’inventeur de la boîte « Jockey Club », une boîte de conserve équipée un système d’ouverture qui va révolutionner le marché par sa forme rectangulaire s’ouvrant sur le côté comme on ouvre un paquet de cigarettes, c’est une boîte de taille moyenne qui va s’imposer comme un standard dans toute l’industrie. et par son système d’ouverture : « Pour ouvrir cette boîte, il suffit de faire tourner la clé sur elle-même jusqu’à l’angle opposé à celui auquel elle est fixée », expliquent les affiches Saupiquet de l’époque en quatre langues. Ce procédé sera adopté par toute l’industrie de la conserverie et assurera une renommée mondiale aux sardines Saupiquet.

Pourquoi ce nom de "Jockey-Club" ? Tout simplement parce qu'Arsène Saupiquet est un passionné de courses de chevaux, un clin d'oeil en quelque sorte à son "dada".

L’histoire ne dit pas si Arsène Saupiquet s’est ruiné aux courses, pourtant - alors qu'en 1900 la société compte  neuf usines en Bretagne et en Vendéé - il semble qu’il soit mort dans l’anonymat et le dénuement le plus complet au point que même sa date de décès semble inconnue.

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