mardi 13 mai 2014

Quand Albert II de Monaco préfère le Cantal à la Croisette ...


Le Rocher de Monaco abrite le palais princier et la vieille ville
Les 14 et 15 mai 2014 ont vu la visite officielle du Prince Albert II de Monaco et de son épouse Charlène dans le Cantal. La ruralité plutôt que le bling-bling du Festival de Cannes, voilà qui ne manquera pas d'amuser les observateurs ! Surtout l'année où  est projeté en ouverture le film Grâce de Monaco interprété par Nicole Kidman.

Avant tout, un petit retour en arrière sur les origines d'une visite annoncée depuis plus d'un an est nécessaire pour s'y retrouver dans ce qui n'est finalement qu'une histoire de rochers.

Les origines cantaliennes de Thomas Fouilleron, actuel directeur des Archives et de la Bibliothèque du palais princier de Monaco, ne sont peut-être pas étrangères à ce programme général de découverte par le prince Albert des terres françaises ayant jadis appartenu à la famille Grimaldi. Ce devrait être pour lui l'occasion de célébrer le centenaire du rachat du rocher de Carlat par sa famille et pour nous d’en savoir plus sur les liens du Cantal avec le rocher de Monaco.

En 1643, en remerciement pour l’aide apportée à la France dans le conflit l’opposant à l’Espagne, le roi Louis XIII attribue à Honoré II de Grimaldi, prince de Monaco, le Vicomté de Carlat, rebaptisé dans le même temps Comté du Carladès.  Alors qu’Henri IV avait rasé la forteresse de Carlat (Cantal) quelques années auparavant pour la punir de son insoumission et de sa tendance certaine aux complots, la centaine de paroisses sous la protection du nouveau comté dont, près de nous, Saint-Santin Cantalès, Laroquebrou, Arnac, Saint-Gérons ou encore Glénat va connaître 150 années de vie paisible malgré les nombreuses tentatives du baillage d’Aurillac pour mettre le grappin sur ces terres monégasques.
 
Qui, à part les veilles pierres du château, se souvient que, pendant 150 ans, 
Laroquebrou, partie intégrante du Comté du carladès, a appartenu aux Princes de Monaco ?
Par la suite, les biens seigneuriaux ayant été systématiquement confisqués par la Révolution Française, le Comté du Carladès, propriété des Grimaldi de Monaco, a lui aussi été saisi. La plate-forme du Rocher de Carlat a été vendue comme bien national en 1791, puis acquise par la Société de Haute Auvergne en 1910 avant d’être rachetée en 1914 par Albert 1er, prince régnant de Monaco. 
Sur les ruines de la forteresse détruite par Henri IV, 
une statue de la Vierge domine aujourd'hui
le rocher de Carlat

Et si le Prince Rainier III de Monaco n'avait pas donné son autorisation ? Serait-il  aujourd'hui interdit d'escalader le rocher de Carlat ?  

En revanche, Louis II de Monaco a été le dernier à porter le titre français de Comte du Carladès. En effet, en 1919, au sortir de la première guerre mondiale et pour éviter que le titre de prince régnant de Monaco n’échoit à un prince allemand, Raymond Poincaré, alors Président du Conseil et ancien avocat des Grimaldi, incita Louis II, sans descendant, à légitimer Charlotte, sa fille née d’une relation adultérine, future mère de Rainier III. A cause de cette filiation féminine, illégitime et adoptive, le titre français de Comte du Carladès ne peut plus être porté par les Princes de Monaco.

Que ce soit La Montagne ou La voix du Cantal, les journaux locaux ont largement rendus  compte de cette première visite d'un chef d'état dans notre départemement.
Alors sans doute y a t-il des destinations plus glamours que le Cantal comme l'écrit le site internet potins.net, mais peu importe, les Cantaliens  retiendront tout simplement que leur département a été préféré à la Croisette par le Prince Albert II.

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